Petit historique
Premières apparitions au Moyen Âge
Les premiers livres à système apparaissent au Moyen Âge avant
l’invention de l’imprimerie. Destinés aux adultes, il s’agit de
manuscrits scientifiques (astronomie, anatomie, ...) et religieux
(calendrier des fêtes chrétiennes) qui utilisent des animations simples à
vocation éducative.
On estime que le premier manuscrit contenant des
animations (volets, disques mobiles) a été écrit au XIIIème siècle par
un moine anglais et le que le premier livre à système imprimé a été
conçu en 1524 par un astronome allemand.
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| De La Pratique et démonstration des horloges solaires, Salomon de Caus, 1624. Bibliothèque municipale de Lyon. |
Les livres animés pour la jeunesse au XVIIIème siècle
La littérature pour la jeunesse fait son apparition au XVIIIème siècle
et avec elle se développe le livre animé adapté à ce nouveau public.
En
1765, un imprimeur-libraire publie les premiers livres à système à
destination des enfants. Appelés "arlequinades", du nom de son héros,
ils présentent une technique de pages coupées en plusieurs parties à
l’horizontale.
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| Les 100 000 métamorphoses de Monsieur Clown, 1900. Bibliothèque d’Étude et du Patrimoine de Toulouse. |
XIXème siècle : la grande époque du livre à système
Facilitée par l’industrialisation de l’imprimerie et la volonté
d’innover, le livre animé connaît son âge d’or au XIXème siècle. Les
éditeurs se spécialisent et les auteurs inventent de nouvelles
techniques : livres à images transparentes, livres à figures mobiles,
livres sonores, livres à illusions d’optique.
Les livres à tirettes
connaissent un succès retentissant grâce à l’artiste allemand Lothar
Meggendorfer qui crée un système qui permet de déplacer plusieurs
personnages dans des directions différentes à l’aide d’une seule
tirette.
A l’époque, les Anglais et les Allemands sont les principaux éditeurs de livres animés.
La naissance du pop-up moderne : 1950-1980
Après une production de livres animés assez pauvre durant la première
moitié du XXème siècle, ceux-ci font leur grand retour en Europe autour
des années 50. On assiste à une création riche, diversifiée et
novatrice. Les éditeurs adaptent les contes classiques, les héros
préférés des enfants et font appel à des illustrateurs réputés.
Certains
grands artistes tels que le français Robert Longchamps, l’italien Bruno
Munari ou le tchèque Vojtech Kubasta émergent de cette production
foisonnante.
Au vu de l’essor de ce type d’ouvrages, un ingénieur papier américain invente un nouveau terme, le pop-up.
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| Sleeping Beauty, Vojtech Kubasta.Bancroft & co, 1961 |
Dans les années 70, l’américain Waldo Hunt fonde une maison d’édition
spécialisée dans le livre animé. Réputé pour publier des ouvrages de
qualité, on lui doit la découverte de nombreux artistes européens :
David A. Carter, David Pelham, Jan Pienkowski (dont le livre La maison hantée est le pop-up le plus vendu au monde), Ron van der Meer, Robert Sabuda, ...
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| Robert Sabuda entouré de ses pop-up |
Le pop-up de nos jours
Le livre pop-up connaît aujourd’hui un véritable succès. Ainsi, on a pu
assister à la création d’études de designer papier dans les écoles
d’arts américaines et anglaises ces dernières années.
Le nombre de
designer papier dans le monde s’élève à une centaine dont une douzaine
en France (Marion Bataille, Anouck Boisrobert, Philippe Ug, Gaëlle
Pelachaud…).
Actuellement, on peut distinguer les livres à grand
tirage (montés à la main dans les pays asiatiques) et les livres dits
d’artistes à tirage limité, comme c’est le cas pour le Cent mille milliards de poèmes de Raymond Queneau.
Une
association internationale de collectionneurs "The Movable Book
Society" s’est créée et des expositions se multiplient dans le monde
entier.
Le livre animé connaît un nouvel élan avec l’apparition de la réalité augmentée (documentaires Dokéo+) et des livres numériques (application Un jeu d’Hervé Tullet).
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| ABC 3D, Marion Bataille. Albin Michel-Jeunesse, 2008 |