Le mardi 25 mai, Muriel Zürcher, auteur du roman de vie Des bleus au cartable, a rencontré en visio les collégiens de Rueil-Malmaison participant au Prix Gavroche.

Le mardi 25 mai, Muriel Zürcher, auteur du roman de vie Des bleus au cartable, a rencontré en visio les collégiens de Rueil-Malmaison participant au Prix Gavroche.
Evelyne Brisou-Pellen a écrit beaucoup de livres : entre 180 et 190 et elle en écrit souvent plusieurs en même temps. Même si la plupart de ses lecteurs sont des jeunes, elle considère écrire pour tout le monde.
Malgré la grande quantité de romans qu’elle écrit, elle prend tout le temps qu’il lui faut pour achever son projet : elle se renseigne longuement sur le sujet, puis prend deux à trois mois pour l’écriture. Il faut compter ensuite les corrections et les relectures. C’est important pour elle que les mots soient choisis avec justesse et que la sonorité soit bonne. Et enfin, elle laisse reposer pour y revenir plus tard.
Lorsqu’elle commence à écrire, Evelyne Brisou-Pellen a déjà la fin de l’histoire dans sa tête. Elle aime les écritures simples et avoir son propre style, même si elle s’inspire parfois d’auteurs comme Victor Hugo et Maupassant.
Lorsque le livre est terminé, il faut créer la couverture. C’est l’éditeur qui choisit l’illustrateur que l’auteure ne connait pas. Ensuite, le livre est imprimé et mis en vente. Elle explique que c’est un métier difficile et qu’on peut mettre du temps pour gagner assez d’argent pour en vivre. Elle a eu de la chance, son premier roman, Le mystère de la nuit des pierres a eu du succès et ça l’a lancé tout de suite.
Ses deux romans préférés parmi ceux qu’elle a écrits sont Un si terrible secret et La plus grosse bêtise (qui l’a fait beaucoup rire). Et elle aime lire des auteurs étrangers et de styles complètement différents de ce qu’elle fait.
Beaucoup de ses romans sont historiques. C’est le cas de Vasco, messager deVerdun : Héros sans le savoir. Elle s’est inspirée d’une histoire vraie lue dans un article sur les chiens qui portaient des messages, qui aidaient les blessés et défendaient les tranchées pendant la Première Guerre mondiale. Ça l’a amenée à se documenter sur le sujet, notamment sur M. Mégnin, qui a eu l’idée de faire appel aux chiens pendant la guerre.
Elle a choisi de raconter l’histoire du point de vue du chien parce qu’elle trouvait que ce regard sur la guerre était moins triste. Et pour l’aider, elle s’est inspirée du comportement de ses propres chiens.
Luc Blanvillain écrivait déjà des petites histoires lorsqu’il était en CE1/CE2. Il a aussi écrit pour la bande dessinée et des chansons. Chat s’en va et chat revient est son 20ème livre, le premier aux éditions Fleurus. Il s’inspire de ses passions pour écrire : le train et les gares, les lieux où on peut observer, et ses enfants. Il aime créer des croisements entre la vie actuelle et la vie passée.
Il est écrivain mais aussi enseignant, parce que vivre du métier d’auteur n’est pas facile. Son premier livre est sorti en 2008 : « Olaf chez les Langres », un roman policier qui a très bien marché.
Il nous a expliqué tout son processus d’écriture, jusqu’à la publication de son roman et nous a donné des conseils pour apprendre à écrire des livres. Il explique par exemple qu'il est possible de prendre des cours spécialisés ou de faire des écoles dans ce domaine (il n’en existe pas en France). Pour lui, le meilleur moyen de progresser est de lire et de s’exercer le plus possible.
Lorsqu’il écrit, il a besoin de connaitre la fin de son histoire et d’avoir un plan. L’histoire change au fur et à mesure, mais elle suit toujours la trame générale qu’il a en tête.
Une fois terminé, il faut envoyer son manuscrit aux éditeurs. On reçoit beaucoup de refus au début mais il ne faut pas se décourager. Il conseille également de fréquenter les salons du livre, parce qu’en rencontrant d’autres écrivains, on se forme et on peut se faire connaitre.
Luc Blanvillain nous a ensuite parlé de son roman sélectionné au prix Gavroche, Chat s’en va et chat revient. Le sujet abordé par l’auteur a suscité beaucoup de questions de la part des élèves : la réincarnation. Tout est parti de l’histoire de son chat Olaf qui a vécu 15 ans et qui a connu son fils depuis sa naissance. Il aimait bien l’idée que son chat continue de vivre d’autres vies après son départ. Il ne croit pas vraiment à la réincarnation, mais il aimerait. Il nous avoue d’ailleurs que s’il pouvait se réincarner, ce serait en fille, pour mieux les comprendre… !
Il est très difficile de vivre du métier d’écrivain. Au début en tout cas…Pendant longtemps Pascal Prévot a été journaliste en même temps.
Il nous raconte comment il travaille : le temps qu’il met pour écrire un livre est assez variable. Pour L’enlèwement du V, il invente l’histoire au fur et à mesure, il improvise beaucoup et un mois lui a suffi. Pour écrire un livre documentaire, c’est beaucoup plus long. Même s’il y a moins de texte, il prend le temps de se renseigner sur le sujet avant d’écrire. C’est une autre démarche. Mais il a une préférence pour le style improvisé des romans comme celui-là car ils sont très amusants à écrire.
Il travaille aussi beaucoup sur des livres-jeux, ce sont ceux-là qui marchent le mieux.
L’auteur
a pu expliquer aux élèves les raisons de cet étrange choix d’écriture : dans
tout le texte, le V de l’alphabet a disparu, remplacé par le W. Il raconte que
son idée vient d’un rêve qu’il a fait dans lequel la lettre N passait avant le
M. Il s’est ensuite laissé porter en favorisant l’improvisation. Ce choix
rappelle celui de Georges Perec dans son roman La disparition, où tous les E ont disparu.